Consultation longue ménopause : ce qu’il faut savoir pour les femmes de 45 à 65 ans
Prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la consultation longue ménopause a pour objectif de mieux informer sur cette étape de vie que traversent toutes les femmes. Elle sert aussi à repérer d'éventuels facteurs de risque et à évoquer, si besoin, les traitements possibles. Le Dr Monelle Leclercq, gynécologue, apporte son éclairage sur ce nouveau rendez-vous.
Sommaire
Le docteur Monelle Leclercq est gynécologue médicale et secrétaire générale de la FNCGM (Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale). Elle accompagne les femmes au moment de la ménopause et apporte ici son éclairage sur la consultation longue dédiée.
Une consultation prévue par la loi
La ménopause a longtemps occupé une place secondaire dans le parcours de soins. Pourtant, elle concerne déjà 17,2 millions de femmes de plus de 45 ans en France et 500 000 entrent chaque année dans cette transition.
Cette étape de la vie fait aujourd’hui l’objet d’une attention accrue des pouvoirs publics. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a inscrit dans le Code de la santé publique une consultation longue dédiée, prise en charge par l’Assurance Maladie.
Son objectif est clair : informer sur la ménopause, repérer les éventuels facteurs de risque et aborder les traitements médicamenteux qui peuvent être envisagés. « C’est un rendez-vous médical de prévention pour faire un point global sur la santé des femmes à mi-vie », précise le docteur Leclercq.
Cette consultation est prise en charge par l’Assurance Maladie et réalisée à tarif opposable, c’est-à-dire qu’aucun dépassement d’honoraires n’est autorisé. La prise en charge dépend du respect du parcours de soins et des conditions définies par l’Assurance Maladie.
Qui est concerné par la consultation longue ménopause ?
La consultation s’adresse aux femmes de 45 à 65 ans. Cette tranche d’âge coïncide avec la période où la ménopause survient le plus souvent. Selon un rapport du ministère de la Santé, l’âge moyen d’entrée dans cette phase de la vie est de 51 ans en France.
Ce rendez-vous peut donc s’adresser aussi bien à des femmes qui commencent à se poser des questions que celles déjà engagées dans cette transition.
Qu’est-ce que ce rendez-vous permet d’aborder ?
La consultation permet d’aller bien au-delà d’un échange rapide sur les symptômes. « Elle va se faire par étapes. On va d’abord faire un bilan global : les antécédents, le mode de vie, l’alimentation, le sport, le poids… », débute la gynécologue.
Vient ensuite un temps consacré à la prévention et aux dépistages : mammographie selon la situation, dépistage du cancer du col de l’utérus, suivi gynécologique, prévention du cancer colorectal, tension, glycémie ou cholestérol, etc.
« Ce sera aussi le moment d’écouter les patientes, de voir ce qu’elles ont à dire et les questions qu’elles se posent sur la ménopause. (…) Cette consultation peut aussi permettre de découvrir des pathologies sous-jacentes », souligne le médecin.
La consultation, d’une durée de 45 minutes, peut être réalisée avec un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Elle vient compléter les actions de sensibilisation et d’information déjà possibles dans le cadre des rendez-vous Mon Bilan Prévention, proposés à certains âges clés de la vie, notamment entre 45 et 50 ans.
Qu’est-ce que la ménopause ?
La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles, lié à la fin du fonctionnement ovarien. Elle ne s’installe pas d’un seul coup : la transition peut être progressive, avec des cycles qui changent, des signes diffus ou des symptômes qui s’installent peu à peu.
La ménopause ne se résume pas aux bouffées de chaleur. Elle peut aussi s’accompagner de troubles du sommeil, de fatigue, de variations de l’humeur, d’inconfort intime ou d’autres symptômes qui apparaissent parfois progressivement et restent difficiles à relier entre eux au départ. « La ménopause peut avoir des conséquences sur la qualité de vie, mais aussi sur la santé osseuse et le risque cardio-vasculaire », complète la gynécologue.
Mais ses effets ne se limitent pas à la sphère médicale. Dans une étude menée au Royaume-Uni, une femme sur cinq déclarait avoir pris des jours de congé en raison de ses symptômes et une femme sur dix disait avoir démissionné pour les mêmes raisons.
Pour plus d’informations → La ménopause, une transition naturelle qu’il est temps d’aborder autrement
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