Aidants : « On a plutôt intérêt à bien les protéger ! »

Alors que la population française vit de plus en plus longtemps, et que nous sommes amenés à travailler de plus en plus tard, la question des aidants familiaux devient cruciale. Si c’est un enjeu de société, l’aide aux aidants est aussi un engagement fort de l’action sociale du Groupe APICIL.

Aidants : « On a plutôt intérêt à bien les protéger ! »

Comment se saisit-il des problématiques des aidants ? De quels droits les assurés APICIL disposent-ils quand ils sont aidants ? Marie-Noëlle Point, spécialiste des aidants à l’action sociale d’APICIL répond à nos questions.

Pour commencer, pouvez-vous nous parler de l’action sociale d’APICIL ?

aide aux aidants

L’action sociale se divise en deux grands pôles. Pour les assurés salariés et les retraités, nous pouvons proposer des aides financières. Mais nous essayons toujours d’aller au-delà. Quand nous recevons des personnes, nous cherchons d’abord à déterminer quel est leur problème. En effet, dans certains cas, il peut y avoir une détresse morale due à autre chose que des raisons financières. L’écoute et le soutien que nous proposons constituent une bonne partie de notre action sociale.

Le second pôle est plus orienté vers des actions collectives. Nous soutenons notamment la création d’établissements spécialisés : on en manque cruellement ! Nous intervenons auprès des entreprises dans le cadre de la Prévention santé : bilans de santé, dépistages…, mais aussi sur des sujets comme la perte d’autonomie de la personne fragilisée par la maladie ou le handicap, le soutien des aidants. Enfin, nous organisons des stages de préparation à la retraite, ou des journées d’information à destination des futurs retraités.

Dans tous les cas, la démarche peut être faite par l’assuré, qui va entrer directement en relation avec nous, ou par l’entreprise. Récemment par exemple, une entreprise nous a contactés parce que l’un de ses collaborateurs était en grande souffrance, et qu’ils ne savaient pas trop comment l’aider. Quel que soit ce qu’on fait au final, ce qui est important c’est de proposer un soutien, à la personne elle-même autant qu’à son employeur.

Qu’est-ce qu’un aidant ?

Selon moi, dès qu’on commence à s’occuper d’une personne qui ne peut plus se gérer seule, et que cela devient régulier, on est un aidant. Il est beaucoup question d’aidants familiaux, mais il est aussi possible d’aider son voisin par exemple. Du moment que vous vérifiez que ses volets sont bien ouverts, que vous vous assurez que la personne s’est levée et qu’il ne lui manque rien : ce qui fait l’aidant, c’est la régularité. Est-ce naturel d’être aidant ? La question du choix doit être posée. Parmi tous ceux que j’ai pu rencontrer, beaucoup d’entre eux m’ont confirmé que ce n’était pas naturel pour eux. S’il y a un statut juridique maintenant qui reconnait le rôle des aidants, dans la vie de tous les jours c’est loin d’être évident. Souvent la question ne se pose pas. Vous faites face aux accidents de la vie, sans vous dire « finalement je n’en ai pas envie ». Vous faites, c’est tout.

Comment expliquer le manque de reconnaissance dont souffrent les aidants ?

30% des aidants décèdent avant les aidés. C’est un chiffre énorme mais qui n’est pas étonnant. Un jour, j’ai rencontré un aidant qui avait fait le choix de placer sa femme, aidée, dans un EHPAD. Il venait de faire un AVC, et il m’a dit « comment est-ce que je fais si demain je ne peux plus du tout m’occuper de mon épouse ? ».

D’où la notion de répit, qui est essentielle…

C’est une question de santé publique ! S’il n’y avait plus d’aidants, la société serait obligée de porter les personnes aidées, et ça pourrait nous coûter une somme astronomique, jusqu’à 164 milliards d’euros. Nous avons donc plutôt tout intérêt à bien protéger nos aidants !

Seuls 37% des aidants ont conscience qu’ils sont aidants, qu’est-ce qui d’après vous, explique ce chiffre ?

Devenir aidant, c’est un phénomène de glissement. Vous vous rendez compte petit à petit que votre proche ne fait plus certaines tâches du quotidien, comme se laver par exemple. Donc vous commencez à faire à la place, vous accompagnez. C’est progressif, ou dans le cas d’un accident, cela peut arriver d’un coup. Les aidants ne peuvent pas forcément prendre le recul nécessaire. Le deuil est un séisme émotionnel, mais devenir aidant en est un aussi.

Les aidants en chiffres

11 millions de français aident un proche

52% sont actifs

58% sont des femmes

82 % consacrent au moins 20 heures par semaine en moyenne à leur(s) proche(s)

76 % ont moins de 65 ans et 43 % moins de 50 ans

57 % aident un proche en situation de dépendance due à la vieillesse

82 % consacrent au moins 20 heures par semaine en moyenne à leur(s) proche(s)

 

Source

Comment peut-on accompagner un proche aidant, surtout quand il n’a pas conscience de ce statut ?

C’est à ce moment-là que la notion de répit prend tout son sens. Dès qu’il est possible de souffler un peu, alors vous réalisez tout ce que vous faites. Le soutien psychologique est essentiel. Les groupes de parole permettent d’échanger avec des personnes vivant des situations semblabes, et peuvent aider à prendre conscience de son rôle, mais aussi de prendre la distance nécessaire avec l’aidé.

Pour le répit, la première chose à mettre en place, c’est l’aide à domicile. Notre action sociale  soutient des associations qui proposent du « balluchonnage ». C’est très commun au Québec, mais trop peu connu en France. Le prestataire vient au domicile pour remplacer l’aidant dans sa relation avec l’aidé. Il va lui tenir compagnie, éventuellement l’aider à faire sa toilette ou à prendre son repas, le stimuler. Et pendant ce temps, pendant au moins 4 heures, vous pouvez aller chez le coiffeur, voir des amis, sortir.

Dans tout ce qui existe et qui peut être proposé, c’est difficile de s’y retrouver…

Nous proposons une allocation de soutien aux aidants, d’un montant de 500 euros par an qui est soumise à certaines conditions, notamment de ressources. Dans les situations de grande détresse, nous pouvons étudier tous les dossiers. Cette allocation permet de financer par exemple des prestations d’accueil de jour, pour les plus de 60 ans. C’est important, parce que cela fait aussi partie des moments de répit. Cette enveloppe peut aussi permettre de financer des prestations de d’aide à domicile (balluchonnage par exemple).

Les aidants peuvent aussi contacter l’Association Française des Aidants. Nous avons par exemple participé au financement de la formation en ligne qu’ils proposent. C’est un module d’accompagnement en ligne, qui permet de se sensibiliser, sans avoir à sortir de chez soi, et donc sans avoir à trouver des solutions de garde pour son aidé.

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